Éric Minh Cuong Castaing

Exposition jeune création
Forme(s) de vie
Du 10 décembre 2021 au 6 février 2022
  • © Éric Minh Cuong Castaing / Victor Zébo / Cie Shonen, 2021

  • © Éric Minh Cuong Castaing / Victor Zébo / Cie Shonen, 2021

  • © Éric Minh Cuong Castaing / Victor Zébo / Cie Shonen, 2021

Eric Minh Cuong Castaing a été en 2021 le troisième lauréat du PRIX LE BAL / ADAGP DE LA JEUNE CREATION. Ce prix a pour vocation d’accompagner pendant deux ans la réalisation d’un projet de création s’inscrivant dans le spectre large de l’image-document, fixe et en mouvement, questionnant notre expérience humaine. Forme(s) de vie fait l’objet d’une installation au BAL et d’un livre édité par LE BAL et conçu par RVB BOOKS,

« La question de la marge peut être abordée du point de vue éthique et esthétique. Il s’agit pour moi d’une ligne de crête. Ce travail avec des corps en situation de faiblesse soulève des interrogations éthiques, quant à leur dignité, mais aussi quant à la manière dont ils peuvent s’approprier les situations auxquelles nous les invitons à prendre part. [...] Je traduis de cette manière la marge : se tenir au bord sans basculer de l’autre côté. C’est un endroit vibrant, nous sommes toujours tiraillés entre plusieurs fils et nous devons réactualiser constamment nos définitions de la vulnérabilité individuelle et collective. »
— Éric Minh Cuong Castaing

À la croisée de la chorégraphie et du processus de soin, Forme(s) de vie d’Éric Minh Cuong Castaing met en scène des corps empêchés à qui il offre les moyens de se réapproprier, pour un temps, les gestes dont ils ont été privés.

En 2019, Éric Minh Cuong Castaing réalise une première étape de travail avec des résidents de La Maison de Gardanne, un centre de soins pour patients en fin de vie, parmi lesquels Kamal, un ancien boxeur professionnel victime d’un AVC, mais également Annie, Martial, Bruno et Soizic, tous atteints de maladies neurodégénératives. Par l’entremise du festival de Marseille, il fait par la suite la rencontre d’Élise, une danseuse diagnostiquée de la maladie de Parkinson qu’il intègre au projet. Avec Marine Relinger (dramaturge), Aloun Marchal (co-chorégraphe) et les danseurs Nans Pierson, Yumiko Funaya, Yoshiko Kinoshita et Jeanne Colin, Éric Minh Cuong Castaing imagine des « situations chorégraphiques » adaptées à leurs corps particuliers, des partitions écrites d’après des narrations et des singularités propres à chacun.

La danse est ici mobilisée pour sa capacité à produire des formes de vie, à modeler le corps pour faire oeuvre de l’existence. Les interprètes deviennent ici artisans d’eux-mêmes et poètes de leurs gestes. Pas d’héroïsme néanmoins, ni de sublimation de la douleur, même s’il s’agit bien de se dépasser, d’aller au-delà de soi, jusqu’à la métamorphose, de recouvrer des possibles : marcher, tenir en équilibre, et même valser pour Élise, fendre l’air et se projeter dans l’espace pour Kamal.

La forme de vie étant aussi une question d’image, celle que l’on a de soi comme celle que l’on renvoie aux autres, la captation filmée de leur chorégraphie, signée Victor Zébo, parachève ce processus en lui donnant un cadre temporel et visuel. Tournées principalement à La Maison de Gardanne ou au coeur d’un parc naturel aux abords de Marseille, les images mettent en scène ces corps émancipés du dispositif clinique et qui sculptent, par l’expression corporelle, une façon d’être en vie.

Le regard délibérément frontal invite alors le spectateur à prendre position avec lui, à ses côtés, au plus proche des mouvements qu’il suit, dans une promiscuité avec la langueur des interprètes, leurs hésitations et leur façon d’oser. Perçus à travers l’oeil-caméra, leurs corps sollicitent un regard curieux mais pas voyeur, empreint d’une empathie sans pitié, un regard qui cesse enfin de les considérer à travers le prisme réducteur du handicap sans jamais pour autant se permettre de l’ignorer. Un regard qui fait valoir leur désir de se rendre intensément présents en leur offrant l’occasion de danser comme ils vivent, entre force et fragilité.

— Florian Gaité

À l'occasion de l'exposition, le livre Forme(s) de Vie a été édité par LE BAL et conçu par RVB BOOKS.

Le Prix LE BAL de la Jeune Création avec l'ADAGP est organisé avec le soutien du logo_ministere_culture.jpg

Projet soutenu par le Cercle des 100 Amis mécènes du BAL et par :

logo copie privée   logo ADAGP   

La programmation du BAL reçoit le soutien de la Ville de Paris et de la Région Île-de-France

Partenaires média : Artpress, France Culture, L’Œil de la PhotographieMouvementPolka MagazineSlash/

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