IMAGINAIRES NUCLÉAIRES : LA STUPEUR

DISCUSSION ET PROJECTION
JEUDI 30 SEPTEMBRE 2021 – 19H

Ana Vaz,  "Atomic Garden", 2018. 16mm numérisée en HD, 8min. Courtesy de l’artiste et Spectre Productions.

Comment penser et représenter la catastrophe nucléaire dans sa radicalité ?

Cette première séance inaugurale du cycle de rencontres sur les imaginaires nucléaires s’attarde sur une notion indéterminée, qui a traditionnellement servi à décrire cet état où tous les repères perceptifs, ontologiques et cognitifs sont ébranlés et qui énonce le manque de mots susceptibles de décrire et signifier l’expérience : la « stupeur ».

Depuis le double événement matriciel de Hiroshima et de Nagasaki, et chaque fois que survient un accident nucléaire, la « stupeur » constitue ce terme « zéro », glissant et extraordinairement ambivalent, qui sert à décrire autant l’expérience de la catastrophe ellemême que celle de la longue adaptation à sa perpétuation. Maria Stavrinaki, historienne de l’art, proposera une généalogie de cette notion en la réactivant à travers les écrits de philosophes, de témoins ou de médecins, et les images du monde nucléaire ; l’artiste Ana Vaz présentera son projet en cours « The Voyage Out », qui orchestre plusieurs récits singuliers liés à la catastrophe nucléaire de Fukushima ; l’historien de l’art Toni Hildebrandt reviendra sur le travail d’Ana Vaz s’inscrivant dans cette généalogie de la stupeur sans succomber toutefois à l’idée de la fin des temps.

Avec :
Maria Stavrinaki est Maître de conférences à l’université Panthéon-Sorbonne – Paris 1 où elle enseigne l’histoire de l’art contemporain. Elle travaille sur les croisements entre l’art de la modernité, les sciences humaines et la pensée politique et s’intéresse tout particulièrement aux questions du temps et de l’écriture de l’histoire. Son ouvrage le plus récent est Saisis par la préhistoire. Enquête sur l’art et le temps des modernes (les presses du réel, 2019). Elle a codirigé l’exposition Préhistoire. Une énigme moderne (Centre Pompidou, 2019) et prépare une exposition sur « l’âge atomique » au Musée d’Art Moderne de Paris pour l’automne 2023.

Ana Vaz est une artiste et cinéaste brésilienne dont la filmographie s’appuie sur des collages expérimentaux d’images et de sons, trouvés et produits, pour réfléchir sur des situations et des contextes historiques et géographiquement marqués par des récits de violence et de répression. L’impact du colonialisme et la ruine écologique sont la toile de fond de ses « films-poèmes » immersifs. En 2021 Ana Vaz est lauréate du programme de soutien à la recherche et à la création porté par l’Institut pour la Photographie de Lille.

Toni Hildebrandt, docteur en histoire de l’art, travaille au département d’histoire de l’art moderne et contemporain de l’université de Berne. Il coordonne le programme de recherche interdisciplinaire Sinergia « Mediating the Ecological Imperative » en collaboration avec l’université nationale autonome du Mexique et mène actuellement un projet de recherche (Post-)apocalyptic Imaginations. Representations of Nuclear Catastrophes in Art and Film since 1945.

Soirée organisée dans le cadre du cycle de rencontres « Imaginaires nucléaires » avec l’université Panthéon Sorbonne - Paris 1

Infos pratiques

La rencontre se déroulera en français et en anglais
Réservation obligatoire ici
Tarif : 7 euros avec billet d’entrée pour l’exposition en cours, valable durant toute la durée de celle-ci.
Renseignements : contact@le-bal.fr

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