L’HISTOIRE, C’EST LE PRÉSENT
Still du film Soundtrack to a Coup d'Etat, Johan Grimonprez, Andrée Blouin, 2024 © Terence Spencer, Popperfoto
QUELS SONT LES PROCESSUS DE CRÉATION, D’ÉCRITURE, DE RECHERCHE MIS EN ŒUVRE PAR LES ARTISTES ? EST-IL POSSIBLE D’EN CONCEVOIR UNE GÉNÉALOGIE EN CARTOGRAPHIANT LES NOTIONS OPÉRATOIRES, LES PROCESSUS, LES MÉTHODOLOGIES EXPLORÉS ?
LE CYCLE DE RENCONTRES « LA RECHERCHE ET SES RÉCITS » SE PROPOSE D’ÉTUDIER LA CRÉATION DES ŒUVRES ET LEUR DEVENIR SOUS L’ANGLE DE LA RECHERCHE ARTISTIQUE.
Dans les œuvres de Johan Grimonprez, l’histoire et la mémoire ne servent pas seulement à se remémorer le passé, mais constituent plutôt un outil pour négocier le présent et redessiner un avenir commun. La mémoire, après tout, est une forme de narration collective, le terrain contesté de la lutte idéologique où nous rachetons nos rêves oubliés. Comme l’a fait remarquer l’écrivain James Baldwin :
« L’histoire n’est pas le passé, c’est le présent. Nous portons notre histoire en nous, nous sommes notre histoire. »
À la suite de la projection de son dernier film, Soundtrack to a Coup d’État (2024), en sa présence, le mardi 14 avril au Cinéma des Cinéastes, Johan Grimonprez évoquera le script et le travail de recherche qui ont nourri la conception et le montage du film. Nominé aux Oscars dans la catégorie du meilleur documentaire, ce film retrace l’histoire de l’indépendance du Congo face à la domination coloniale belge en 1960 et l’assassinat qui s’ensuivit du Premier ministre démocratiquement élu, Patrice Lumumba, tout en explorant les liens entre le jazz, la géopolitique et les dynamiques du pouvoir colonial pendant la Guerre froide.
« On n’est pas fâchés, mec, on est furieux. Tu ne peux plus retarder mon rêve. Je vais le chanter, le danser, le crier, et s’il le faut, je le volerai à cette terre ! » – Archie Shepp
Johan Grimonprez est un cinéaste et artiste multimédia belge, reconnu pour ses documentaires expérimentaux mêlant archives, fiction et critique des médias. Formé à l’Académie royale des beaux-arts de Gand puis à New York, il s’impose sur la scène internationale avec Dial H-I-S-T-O-R-Y (1997). Son œuvre explore les relations entre image, pouvoir et histoire à travers des films comme Double Take (2009), Shadow World (2016) et Soundtrack to a Coup d’État (2024). Parallèlement à sa pratique artistique, il enseigne actuellement à l’Université de Gand et expose dans des institutions prestigieuses telles que le Hammer Museum à Los Angeles, la Pinakothek der Moderne à Munich et le MoMA à New York. En 2025-2026, le ZKM Center for Art and Media à Karlsruhe lui a consacré une grande rétrospective intitulée All memory is theft.
Modération :
Pascale Cassagnau, critique d’art, responsable des fonds audiovisuels et nouveaux médias au Centre national des arts plastiques. Ses recherches portent sur les nouvelles pratiques cinématographiques dans leur dialogue croisé avec la création contemporaine, et sur le son.
Infos pratiques
Tarif plein : 8 euros
Tarif réduit (sous conditions) : 6 euros
Gratuité (sous conditions)
Cycle de rencontres organisé en partenariat avec le
Centre national des arts plastiques.