POUR UN CINÉMA VAGABOND
Ana Vaz, Anhanga, film noir et blanc 16 mm, exposé et développé à la main, son optique, 2025. Courtoisie de l’artiste.
QUELS SONT LES PROCESSUS DE CRÉATION, D’ÉCRITURE, DE RECHERCHE MIS EN ŒUVRE PAR LES ARTISTES ? EST-IL POSSIBLE D’EN CONCEVOIR UNE GÉNÉALOGIE EN CARTOGRAPHIANT LES NOTIONS OPÉRATOIRES, LES PROCESSUS, LES MÉTHODOLOGIES EXPLORÉS ?
LE CYCLE DE RENCONTRES « LA RECHERCHE ET SES RÉCITS » SE PROPOSE D’ÉTUDIER LA CRÉATION DES ŒUVRES ET LEUR DEVENIR SOUS L’ANGLE DE LA RECHERCHE ARTISTIQUE.
Née à Brasilia, capitale du Brésil dont l’histoire politique et spectrale est au cœur de sa réflexion, Ana Vaz développe une œuvre cinématographique traversée par les questions de modernité coloniale, de ruines écologiques et de résistances du vivant. Ses films cherchent sans cesse des zones sensibles où le corps et les perceptions sont convoqués comme des puissances d’un savoir incolonisable.
Au cours de la soirée, Ana Vaz propose une activation de ses carnets de recherche, notes, échantillons, pellicules 16 mm, enregistrements et autres matériaux en marge de ses films. À travers cette improvisation libre, elle esquissera la cartographie d’un film en devenir, où se mêlent histoire terrestre et histoire politique.
« Le soi-disant ‘’processus de civilisation’’ a déclenché une sorte de réaction allergique chez ceulleux qui résistent à la barbarie coloniale, engendrant ce qu'on appelle communément dans les fiefs coloniaux du Brésil des ‘’bandes de vagabonds’’. Ces vagabundus (sic) seraient précisément ceux qui refusent fraternellement et pieusement de travailler au nom d'un vide existentiel. Iels errent comme des lucioles dans toutes les villes des Amériques.
Ils ont construit des prisons et des zoos, des mausolées à ciel ouvert, des clôtures vivantes et électriques, des barbelés et des tranchées, mais les êtres errants n'ont jamais cessé de franchir les limites, de sauter les clôtures, de s'échapper des grandes et petites prisons, d'insister sur l'indicible, d'honorer le mystère. Iels errent dans les villes et au bord des routes comme des phares. Vagabundus bandus (sic) errant comme des lucioles : code morse lumineux, visible seulement aux yeux de ceux qui n'ont pas besoin de voir pour croire. » - Ana Vaz, Pour un cinéma vagabond, 2026, extrait.
Ana Vaz est une artiste et cinéaste née dans le Midwest brésilien. Sa filmographie provoque et questionne le cinéma en tant qu’art de l’(in)visible et instrument capable de transformer la perception de l’humain, élargissant les connexions avec des formes de vie autres qu’humaines ou spectrales. Conséquences ou expansion de sa cinématographie, ses activités s'incarnent également dans l'écriture, la pédagogie critique, les installations ou les marches collectives.
Modération :
Pascale CASSAGNAU, critique d’art, responsable des fonds audiovisuels et nouveaux médias au Centre national des arts plastiques. Ses recherches portent sur les nouvelles pratiques cinématographiques dans leur dialogue croisé avec la création contemporaine, et sur le son.
Infos pratiques
Tarif plein : 8 euros
Tarif réduit (sous conditions) : 6 euros
Gratuité (sous conditions)
Cycle de rencontres organisé en partenariat avec le
Centre national des arts plastiques.