LAKHNAU, UN FILM DE PAPIER
Lakhnau-Beato
Léandre Bernard-Brunel, Recherche graphique, 2025
QUELS SONT LES PROCESSUS DE CRÉATION, D’ÉCRITURE, DE RECHERCHE MIS EN ŒUVRE PAR LES ARTISTES ? EST-IL POSSIBLE D’EN CONCEVOIR UNE GÉNÉALOGIE EN CARTOGRAPHIANT LES NOTIONS OPÉRATOIRES, LES PROCESSUS, LES MÉTHODOLOGIES EXPLORÉS ?
LE CYCLE DE RENCONTRES « LA RECHERCHE ET SES RÉCITS » SE PROPOSE D’ÉTUDIER LA CRÉATION DES ŒUVRES ET LEUR DEVENIR SOUS L’ANGLE DE LA RECHERCHE ARTISTIQUE.
En 1858, quelques mois après la répression de la révolte des Cipayes en Inde, le britannique, natif de Corfou, Felice Beato photographie les ruines de Lucknow, théâtre sanglant des affrontements. Ses images font le tour du monde. Elles fixent le récit d'une ville détruite et d'une conquête coloniale implacable.
En écho à ces albums photographiques, Léandre Bernard-Brunel conçoit, Lakhnau, un essai fragmenté dont chacun des chapitres forme un contre-récit à cette représentation funèbre.
S'y croisent Octavio Paz, Julio Cortázar, Charles Correa, Louis Kahn, Aditya Prakash, Balkrishna Doshi, Pierre Loti, les cousins Jeanneret, Pier Paolo Pasolini, Elsa Morante, Alberto Moravia, Jorge Luis Borges, Wajid Ali Shah, Raymond Roussel, Ubbas Ali, Claude Martin, Rabindranath Tagore... ainsi que quelques figures méconnues. Toutes sont convoquées dans cette enquête ventriloque autour de la photographie et de l'architecture.
Lakhnau est un texte conçu dans le cadre d'une thèse en recherche-création soutenue en décembre 2025 à l’École nationale supérieure des Beaux-Arts de Paris (laboratoire SACRe), sous la direction de Pascal Rousseau.
« D'humeur simiesque, tu encres les dômes, les dalles grêlées, les ruelles phonétiques, les empierrements.
Tu te perds dans la traduction des alcôves, dans le truchement des stalactites, dans la lecture haptique des murs éboulés.
Tu baragouines, gribouilles et scribouilles parmi les briques syllabiques et les éclats de mots.
Tu philologues entre les fissures calligraphiques et les ruines rossées, attentif aux paroles gibbeuses d'un mimétique mendigot barde. »
Extrait de Lakhnau - un film de papier de Léandre Bernard-Brunel, 2025
Plasticien et auteur de films, formé aux Beaux-Arts de Paris après des études d’histoire, Léandre Bernard-Brunel a pour matière première la durée et pour art le récit. Ses gestes, principalement des films, nouent archives, matériaux littéraires et rencontres. Son travail sur les rumeurs urbaines, développé à l'occasion du tournage de Vetal Nagri en Inde, dans le Gujarat, l'a conduit par la suite à faire du triptyque geste–architecture–parole l’un des pivots de sa recherche. Maître de conférences associé en arts à l’ENSA Paris-La Villette, Léandre Bernard-Brunel y développe une pédagogie qui envisage l’épaisseur du temps comme condition d’existence de l’espace.
Son travail a été présenté et projeté notamment au Cinéma du Réel, à la MEP, au Salon de Montrouge, à la Kunsthalle Mainz, à la Gaîté Lyrique, au Palais de Tokyo, au Haus der Kulturen der Welt, à la Cinémathèque française et au Festival d’Avignon.
Modération :
Pascale CASSAGNAU, critique d’art, responsable des fonds audiovisuels et nouveaux médias au Centre national des arts plastiques. Ses recherches portent sur les nouvelles pratiques cinématographiques dans leur dialogue croisé avec la création contemporaine, et sur le son.
Infos pratiques
Tarif plein : 8 euros
Tarif réduit (sous conditions) : 6 euros
Gratuité (sous conditions)
Cycle de rencontres organisé en partenariat avec le
Centre national des arts plastiques.