TRANSACTIONS INACHEVÉES
Suzanne Lafont, Index, 1987-2026, diaporama numérique, extrait. © Suzanne Lafont
QUELS SONT LES PROCESSUS DE CRÉATION, D’ÉCRITURE, DE RECHERCHE MIS EN ŒUVRE PAR LES ARTISTES ? EST-IL POSSIBLE D’EN CONCEVOIR UNE GÉNÉALOGIE EN CARTOGRAPHIANT LES NOTIONS OPÉRATOIRES, LES PROCESSUS, LES MÉTHODOLOGIES EXPLORÉS ?
LE CYCLE DE RENCONTRES « LA RECHERCHE ET SES RÉCITS » SE PROPOSE D’ÉTUDIER LA CRÉATION DES ŒUVRES ET LEUR DEVENIR SOUS L’ANGLE DE LA RECHERCHE ARTISTIQUE
Unfinished business. En 1998, l’anthropologue britannique Alfred Gell envisage, dans Art and Agency: An Anthropological Theory, la complexité des motifs ornementaux comme un piège pour la pensée. Confronté au dédale des formes, l’esprit est amené à opérer sans cesse de nouveaux choix, à sélectionner certains éléments et à nouer entre eux des alliances inédites. Le travail de Suzanne Lafont met en jeu cette ouverture : plutôt que de fixer le sens, il maintient les images actives, disponibles pour de nouvelles relations et des lectures toujours renouvelées.
La soirée sera consacrée aux Index (2015-2025) à partir d’une lecture performée de l’artiste conçue spécialement pour l’occasion. Les Index constituent des réservoirs de données photographiques de Suzanne Lafont collectés depuis de nombreuses années. À ces données-images sont associées des entrées linguistiques, à partir desquelles se construisent des propositions visuelles et langagières.
« La matière visible parait inépuisable. L’image d’un ciel menaçant, par exemple, peut livrer une information météorologique, dissuader d’entreprendre une promenade ou susciter un récit dystopique. Mon travail participe de cette multidirectionnalité et de cet inachèvement. » Suzanne Lafont
Suzanne Lafont se tourne vers les arts visuels après un parcours académique en littérature et en philosophie qui nourrit son intérêt pour le langage et à ses mises en situation. Son travail photographique s’appuie initialement sur la participation de modèles-performeurs et se concentre sur la figuration du temps et du mouvement dans l’image fixe. Il se déploie dans un champ élargi de la photographie où sont déplacées les modalités du théâtre, de la performance, du cinéma, de la littérature. Ses travaux les plus récents portent sur les infrastructures institutionnelles et les dispositifs qui organisent la production et la circulation des images et des discours. Suzanne Lafont a participé aux Documenta 9 et 10, Kassel (1992, 1997), exposé au Jeu de Paume, Paris (1992), au MoMA, New York (1992), à la Pinacoteca do Estado, São Paulo (2005), au Mudam, Luxembourg (2011). Des expositions monographiques lui ont été consacrées au Carré d’art, Nîmes (2015) et au Centre de création contemporaine Olivier Debré, Tours (2026).
Modération :
Pascale CASSAGNAU, critique d’art, responsable des fonds audiovisuels et nouveaux médias au Centre national des arts plastiques. Ses recherches portent sur les nouvelles pratiques cinématographiques dans leur dialogue croisé avec la création contemporaine, et sur le son.
Infos pratiques
Tarif plein : 8 euros
Tarif réduit (sous conditions) : 6 euros
Gratuité (sous conditions)
Cycle de rencontres organisé en partenariat avec le
Centre national des arts plastiques.