Wang Bing - L'œil qui marche

Soirée d'étude
Jeudi 14 octobre 2021 - 18H

À l'ouest des rails, 2003, vidéogramme © Wang Bing 

À l'occasion de l'exposition, LE BAL invite historiens, critiques et cinéastes à interroger l'œuvre de Wang Bing. 

Introduction par Domnique Païni, co-commissaire de l’exposition.

Un cinéaste à part. Wang Bing et le cinéma indépendant chinois parJudith Pernin, chercheuse en cinéma chinois et docteure de l’EHESS.

Cette présentation s’intéresse à la place de Wang Bing dans le cinéma indépendant chinois. Au tout début des années 1990, des réalisateurs de documentaire d’abord, puis de fiction ensuite, se sont mis à tourner des films à petit budget à l’écart des institutions officielles chinoises. Renouvelant les pratiques cinématographiques en Chine, ces hommes et ces femmes vont progressivement créer des espaces de cinéphilie autonomes (festivals, publications, écoles) et élaborer un corpus de films conséquent sur la Chine des marges. Le travail de Wang Bing s’inscrit à la fois dans ce contexte, tout autant qu’il s’en détache. Bien que ses films suivent des principes de tournage communs à d’autres réalisateurs indépendants chinois, son style et son approche systématique sont indéniablement originaux. Lorsque son premier film, A l’Ouest des Rails, sort en 2003, il accède immédiatement à la scène festivalière internationale, mais continue de rester un personnage discret et périphérique quoiqu’admiré dans le milieu du cinéma indépendant chinois. En revenant sur l’histoire de ce mouvement, nous replacerons l’œuvre de Wang Bing dans son contexte cinématographique propre afin de retracer l’itinéraire d’un cinéaste à part.

Wang Bing, l’image et la modernité par Zhang Yaxuan, critique et commissaire.

Wang Bing est né à la fin des années soixante. Dix ans plus tard, la révolution culturelle prenait fin et commençait alors la période dite de réforme et d'ouverture. Si l'on considère cette époque comme une relance du processus de la modernité en Chine, l’on est obligé de reconnaître que Wang Bing a participé de ce renouveau à sa façon et qu’il n'en a jamais été exclu. De plus, son maniement de l'image et sa création d'un langage cinématique qui lui est propre lui ont permis de distiller et communiquer un regard et une réflexion, à la fois subtils et profonds, sur le passé et le présent d'un peuple et d'un pays. Dans mon intervention, je me propose d'examiner, d'un point de vue local, les mécanismes de l'interaction que Wang Bing développe avec son époque et son milieu en tant qu'artiste et cinéaste, afin de mieux comprendre ce qui pourrait en naître et prendre forme.  

L’empire du milieu par Stéphane Breton, cinéaste et ethnologue, directeur d’études à l’EHESS

Il y a deux façons de regarder le monde, en restant au bord ou en plongeant dedans. Dans le premier cas, le regard semble présent comme de toute éternité ; le monde s’agite, mais il n’y est pour rien. Quand il pleut, il ne prend pas la pluie. Dans le deuxième, le cinéaste se trouve au milieu des choses et court derrière quand elles s’éloignent. Il n’est pas indiscret, il est simplement là. C’est la position de Wang Bing. Dans ce cinéma à l’unisson, regarder les choses, ce n’est pas les détailler, c’est être chez elles.

Figures de la précarité. À propos de quelques films et installations de Wang Bing par Caroline Renard, maîtresse de conférences en études cinématographiques à l’Université d’Aix-Marseille.

Wang Bing fait partie des rares cinéastes qui traitent un même sujet à travers des objets filmiques de nature différente. Ainsi, son intérêt pour les survivants des camps de rééducation décimés par la famine de 1957 dans la région de Jiabiangou se déploie entre 2007 et 2018 dans une fiction longue, une fiction courte, deux documentaires et deux installations vidéo. Parallèlement, entre 2009 et 2017, il s’intéresse au phénomène des travailleurs migrants de l’industrie du textile. Quatre films documentaires et une installation vidéo traitent des conditions de vie de ces ouvriers précaires et de leur famille. Chaque film ou chaque installation a son autonomie propre. Considérés dans leur ensemble, ils se déploient non seulement dans le temps et dans la durée, mais créent des ensembles mouvants qui dialoguent entre eux. Nous verrons comment dans un protocole de création qui favorise la reprise, les variations et le développement de certains motifs, Wang Bing répond aux situations de précarité qui le préoccupent.

En compagnie de Wang Bing par Alain Bergala, auteur, réalisateur et commissaire d’exposition.

20 ans après l’avoir rencontré et accompagné, comment filmer Wang Bing ?

 

Infos pratiques

Billetterie en ligne : Ici 

Renseignements : contact@le-bal.fr

Tarif unique : 7 euros avec billet d’entrée pour l’exposition en cours*

*Valable durant toute la durée de celle-ci.

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