Alex Majoli

Scene
22 Février - 28 Avril 2019
  • République du Congo, 2013, Scene #5370, Rassemblement des élus locaux à Pointe Noire.

    Alex Majoli / Magnum Photos

  • Chine, Shenzhen, 2017, Scene #1350 © Alex Majoli / Magnum Photos
    Les employés d’un institut de beauté participent à une réunion de motivation avant de commencer leur travail.

  • Grèce, Lesbos, 2015, Scene #0302 © Alex Majoli / Magnum Photos
    Des réfugiés et des migrants de Syrie, d’Afghanistan, du Pakistan, de Somalie débarquent à Lesbos, depuis les côtes turques.

  • République du Congo, 2013, Scene #9928 © Alex Majoli / Magnum Photos
    Supporters des Red Devils au stade de Brazzaville.

  • Grèce, Athènes, 2016, Scene #0462 © Alex Majoli / Magnum Photos
    Un membre du parti Aube dorée chante l’hymne national grec.

L’Europe, l’Asie, le Brésil, le Congo. Huit ans durant, Alex Majoli a parcouru le globe pour photographier des événements et des non-événements. 

 Des manifestations politiques, des urgences humanitaires ou des moments paisibles de la vie quotidienne. Bien qu’hétéroclites, ces images semblent avoir en commun le même type de lumière ainsi qu’un certain sens de la théâtralité. Le sentiment que nous sommes tous acteurs, aux prises avec les différents rôles que l’histoire et les circonstances exigent de nous. 

Les photographies de Majoli sont le résultat d’une action performée. En s’invitant dans une situation, son assistant et lui installent un appareil photographique et des lumières. Cette action est une sorte de spectacle en soi, auquel assistent ceux qui seront photographiés. Majoli se met au travail sans donner aucune consigne, ni échanger aucune parole avec ces individus qui se trouvent être en train de vivre un moment devant son objectif. La prise de vue peut durer vingt minutes, une heure, ou plus encore. Parfois, les sujets modifient leur comportement en anticipant l’image à venir et changent délibérément de posture. Il arrive souvent qu’ils soient trop occupés par l’intensité de ce qu’ils vivent pour y prêter attention. Dans les deux cas, la représentation du spectacle et le spectacle de la représentation finissent par ne faire qu’un.

La plupart des photographies de Majoli sont prises en plein jour [...]. Le flash n’est pas ici question de nécessité ; c’est un choix, un geste à valeur interprétative, tout comme les autres paramètres photographiques que sont le point de vue, le cadrage et l’instant choisi pour le déclenchement. Ce flash très puissant illumine ce qui est proche, mais plonge les alentours dans l’obscurité ou dans un clair de lune : tout semble se passer désormais, comme magnifié, à la tombée de la nuit. 

L’approche d’Alex Majoli nourrit une réflexion profonde sur les conditions de la théâtralité en photographie, dans un monde que nous avons fini par percevoir comme étant à tout moment et sous toutes les coutures, photographiable. Si le monde s’attend à être photographié, cela sous-entend qu’il se tient perpétuellement dans un état de théâtralisation potentielle. Dans ces images, nous ne voyons pas des individus, nous voyons des individus ayant réalisé un potentiel « être photographié ». Ils nous apparaissant à la fois réels et fictifs. Réels car leur présence devant l’appareil a bien été enregistrée ; fictifs car l’appareil a créé un instant scénographié prélevé dans le continuum d’une histoire qui nous échappe. 

L’illusionnisme de la photographie est donc inséparable de la contemplation de cette illusion. Ceci ne revient pas à nier le potentiel documentaire de l’image, mais implique que le document lui-même admette la théâtralité comme une condition intrinsèque de son émergence. Loin de dissiper les tensions entre œuvre et document, les images de Majoli les dramatisent au contraire, en leur permettant de coexister. Et de s’affirmer comme deux composantes essentielles de notre expérience du monde.

- David Campany

Infos pratiques

Des visites de l'exposition sont proposées gratuitement sur présentation du billet d'entrée. Pour en savoir plus cliquez ici

Dans le prolongement de ce geste, LE BAL invite pour la première fois six artistes chorégraphes, danseurs, performeurs à créer une œuvre à partir d'une image, dans le cadre du cycle Voir et Agir.

Deux temps de réflexion sur le thème Qu'est-ce qui échappe à la lumière ? seront proposés par Corinne Rondeau, écrivaine, critique et universitaire.

Commissaires de l’exposition : David Campany et Diane Dufour
Un livre co-édité par LE BAL et MACK, ALEX MAJOLI - SCENE, est publié à l’occasion de l’exposition.
Exposition organisée en collaboration avec le Musée d’Art de la ville de Ravenne et Magnum Photos, avec le soutien de l’Institut Culturel Italien de Paris.
Avec l'aimable participation de la Howard Greenberg Gallery
Partenaires médias : Art Press, France Culture, i-D Magazine, L’Œil de la Photographie, Polka Magazine, Slash/, Télérama

 

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Autour de l'expo

VOIR & AGIR

Cycle de représentation autour de l'exposition

Du Jeudi 21 Mars au Jeudi 25 Avril - 20h

Qu'est ce qui échappe à la lumière ?

Deux journées de séminaire coordonnées par Corinne Rondeau

Jeudi 14 mars et jeudi 18 avril - 20h

Sand in the Eyes

Rabih Mroué

Jeudi 21 Mars 2019 - 20h

Par la mer

Dorothée Munyaneza

Jeudi 28 Mars 2019 - 20h

Point(s) de fuite

Afshin Ghaffarian

Jeudi 4 Avril 2019 - 20h

Longing

Alexandre Roccoli

Jeudi 11 avril 2019 - 20h

L'usage du monde - le dedans

Laurent Pichaud

Jeudi 25 Avril 2019 - 20h

YOURS

Performance

Vendredi 5 Avril 2019 - 20h

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