En suspens

Du 9 février au 13 mai 2018
  • Sebastian Stumpf 

  • LE BAL / Matthieu Samadet 

  • Hiwa K, still from View From Above, 2017

    Hiwa K / KOW, Berlin and Prometeo Gallery di Ida Pisani, Milan/Lucques

  • LE BAL / Matthieu Samadet 

  • Rabih Mroué, The Leap Year’s diary, 2006-2016

    Rabih Mroué / Sfeir-Semler Gallery, Hambourg / Beirut

  • LE BAL / Matthieu Samadet 

  • Darek Fortas, Changing Room VI, 2012

    Darek Fortas

  • LE BAL / Matthieu Samadet 

  • Debi Cornwall, Welcome to Camp America : Inside Guantánamo Bay, Beyond Gitmo, 2017

    Debi Cornwall / Steven Kasher Gallery, New York

  • Henk Wildschut, Ville de Calais, Partie Sud, 2016

    Henk Wildschut

  • Go get lost, 2018

    Mélanie Pavy

Du 9 février au 13 mai, LE BAL présente En suspens, une exposition collective avec Bas Jan Ader, Debi Cornwall, Stéphane Degoutin & Gwenola Wagon, Luc Delahaye, Darek Fortas, Hiwa K, Aglaia Konrad, Jacques-Henri Michot, Rabih Mroué, Mélanie Pavy, Sebastian Stumpf, Paola Yacoub et Henk Wildschut.

"Ce qui est perdu, c’est l’intervalle qui aurait dû se former entre cet homme et ses semblables." Hannah Arendt

Cette exposition est une tentative poétique, abstraite et fragile, de traduire quelque chose de notre temps. Quelque chose d’indéfinissable, d’intangible mais que nous reconnaissons comme l’état d’un homme, de plusieurs ou de tous : être en suspens.

Ni transition vers un futur possible, ni étape intermédiaire, cet état est relatif au blocage ou à la répétition d’un même cycle à l’infini : ne plus savoir où se diriger, ne pas trouver sa place, avoir un statut indistinct, flou, précaire, répéter des gestes dénués de sens, de finalité, en sont autant de manifestations visibles.

Souvent assimilé à la paralysie ou à la sidération, le suspens force au contraire, à s’adapter constamment, sans trêve, une menace se précise, le temps paraît compté. Ce n’est pas une lutte pour s’affranchir de la temporalité mais une lutte pour s’y inscrire.

Insaisissable, protéiforme, le suspens est aussi ce contre quoi l’image vient buter. Comment en exprimer la matière, la réalité ? Comment représenter l’homme en suspens qui tend à disparaître dans une prolifération et une obsolescence immédiate des images, des discours, des lois, des technologies, indifférentes à son sort ?

Pour les artistes, le suspens n’est pas un « sujet ». Il opère là, quelque part, presque malgré eux. Et si leurs images frappent par une intensité brutale, concrète, immédiate, elles nous touchent aussi par leur simplicité, une forme de neutralité, de laconisme. Comme si le langage devait s’appauvrir pour se tenir au plus près du sens.

Est montré ici le suspens d’hommes relégués hors de l’histoire, hors du paysage, en situation de survie dans un no man’s land politique : des territoires désertés, des corps en arrêt, isolés ou happés, sans ancrage. L’espace s’est refermé. Les visages ont disparu, la connivence des regards aussi.

Constellation hétérogène de lieux et de problématiques, l’exposition tisse un large réseau de correspondances, suggérant un lieu commun du suspens. Quand prend fin le mythe d’une histoire linéaire du progrès, quand l’idée d’une communauté de destin fait défaut, le suspens se déploie à une autre échelle. Il en vient à désigner un état du monde. 

- Diane Dufour
 

La presse en parle

" Dans cette constellation de lieux et de problématiques, l’exposition établit en creux des correspondances, fait résonner des échos entre des expériences, indexés à des silences autant qu’à des cris. D’images en images, le visiteur observe, impassible et affecté, des citoyens du monde qui ont perdu le pouvoir de se diriger et de se repérer, qui ne trouvent plus de place réservée, ne peuvent même pas s’en attribuer une par eux-mêmes, parce que les circonstances politiques de leur époque leur confèrent un statut indéterminé, flou, précaire. "

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"L’exposition parvient ainsi à faire naître une véritable lecture affective du monde, créant un sentiment de pesanteur et de possibilité, à tout moment, de le voir sombrer."

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"Omniprésence des dispositifs de surveillance, déshumanisation de l'économie, statu quo bureaucratique, novlangue des médias, zones de non droit, no man's land... Entre réappropriation poétique et scrupuleux travail documentaire, comme celui d'Henk Wildschut autour du démantèlement de la «jungle» de Calais ou les portraits signés Debi Cornwall d'anciens détenus de Guantanamo exfiltrés dans des « pays tiers », l'exposition dresse un état des lieux inquiet."

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Infos pratiques

A l'occasion de l'exposition, LE BAL et Shelter Press co-éditent En suspens.

Trois visites de l'exposition sont organisées pour le public, les mercredi 14 mars, 11 avril et 2 mai.
Inscription : http://bit.ly/2p6xhgn

Partenaires médias: Artpress, France Culture, L’Œil de la Photographie, Polka Magazine, Slash/, Télérama

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Autour de l'expo

dans l'intervalle

Cycle cinéma autour de l'exposition En Suspens

Mardi 6 mars, mardi 27 mars et mardi 10 avril 2018 - 20h

La marche du progrès : un monde sans Homme

Séance #3 du cycle cinéma : Dans l'intervalle

Mardi 10 avril 2018 - 20h

Signature de Susan Meiselas

Mercredi 11 avril - 19h

Au-delà de l’humain ?

Avec les artistes Fabien Giraud, Raphaël Siboni et Laurence Bertrand-Dorléac, commissaire d’exposition

Jeudi 3 mai 2018 - 20h

The Guidebook of Church Burners

Lancement du livre de Camille Tallent & Performance sonore de Stephen O'Malley

Vendredi 4 mai - 20h

Vers une photographie sans l’homme ?

avec Joanna Zylinska, artiste et théoricienne des nouveaux médias

Jeudi 7 juin 2018 - 20h

Aller plus loin