dans l'intervalle

Cycle cinéma autour de En Suspens
Mardi 6 mars, mardi 27 mars et mardi 10 avril 2018 - 20h

Empirical data, 2009

George Drivas

Une proposition de Christine Vidal
En collaboration avec l’artiste chercheuse Mélanie Pavy pour la séance du 10 avril

Comment rendre visible un certain état du monde aujourd’hui où la trajectoire de nombre d’individus est devenue si incertaine ? Si le sort de celui/celle sans papiers, sans emploi, sans statut, se réduit à des données socio-économiques diffusées dans les médias ou dans les rapports d’experts, comment retranscrire son expérience ? Celle d’être sur la brèche, dans un entre-deux, dans l’intervalle entre un passé révolu et un avenir opaque. En lien avec l’exposition En Suspens, les séances de ce cycle envisagent trois axes pour appréhender l’ambivalence de cet état.

Mardi 6 mars 20h - L’attente comme horizon

« Il nous fallait attendre. Attendre. Un clandestin passe plus de la moitié de son temps (de sa vie ?) à attendre. La réponse d’un passeur. L’arrivée dans un port improvisé ou inconnu. La bonne volonté d’un contact. La rencontre d’un ami. Le bon vouloir d’un employeur au noir. Une amnistie. Une élection présidentielle. L’arrivée d’une quelconque gauche au pouvoir. Le départ de cette même gauche du pouvoir. Une manifestation d’intellectuels. Une occupation d’église. L’expulsion… Bref, je disais plus haut que l’on ne pouvait parler d’avenir à des gens qui vivent une temporalité faite de petits futurs immédiats ; j’ajouterai maintenant qu’il ne peut être non plus question d’avenir pour des gens employant l’essentiel de leurs jours à attendre que quelque chose se passe. »*.

Chacun des films rassemblés ici représente un moment précis de cette mécanique de l’attente selon des modalités variées : cinéma direct, fiction documentaire à partir de témoignages ou d’une photographie publiée dans la presse, animation 3D et montage de documents à visée pédagogique.
*Fawzi Mellah, Clandestin en Méditerranée, Tunis, Cérès Éditions, 2000.

Estate de Ronny Trocker, France/Belgique, 2016, 7’25’’
Missing stories de Laura Henno, France, 2014, 20’
4,57 Minutes Back Home de Henk Wildschut, Pays-Bas, 2011, 8’11"
Manque de preuves de Hayoun Kwon, France, 2011, 10’
Cruzar un muro de Enrique Ramirez, France, 2013, 5’15"
Aufstellung de Harun Farocki, Allemagne, 2005, 16’

Mardi 27 mars 20h - Le cadastre de nos vies

Normes, procédures, règles, formalités, indicateurs, catégorisation... la bureaucratie investit tant notre quotidien, qu’elle en devient invisible, et participe à une mise à distance du monde. Basé sur une histoire vécue, Empirical Data, présenté lors de la Documenta14 en 2017, retrace le parcours kafkaïen de l’acteur géorgien, David Malteze, de son arrivée en Grèce comme jeune immigrant à sa reconnaissance professionnelle. Le sentiment d’étrangeté et d’irréalité se retrouvent différemment dans Algorithm qui immerge le spectateur dans le monde de la haute finance. Le processus normatif de l’aliénation est poussé à son extrême dans Section 4 Part 20: One Day on a Saturday qui, au travers de lettres et cartes postales reçues pendant 6 ans par l’un des prisonniers du Camp Delta d énonce les procédures de contrôle des corps.

Empirical Data de George Drivas, Grèce, 2009, 34’
Section 4 Part 20: One Day on a Saturday d’Edmund Clark, Royaume-Uni, 2011, 7’36"
Algorithm de Fanny Zaman, Belgique, 2015, 38’

Mardi 10 avril 20h - La marche du progrès : un monde sans homme

À la fascination exercée par les machines dès le tournant du 19e siècle, succède aujourd’hui la ruée des investisseurs sur les valeurs liées à la robotique et à l'automatisation. Si le secteur des robots utilitaires, éducatifs, ludiques ou d’assistance est promis à un bel avenir (on estime à 42 millions le nombre de robots qui auront envahi les maisons à travers le monde d'ici 2019), il s’accompagne d’une nécessaire redéfinition du travail pour l’homme dont la place semble reléguée à la marge. À ces constats saisissants dont se font écho les films présentés, répond une autre menace pour l’homme : la catastrophe environnementale. Urth parachève cette soirée par un récit d’anticipation au sein du projet d’écosystème artificiel Biosphere 2, basé en Arizona et aujourd’hui abandonné. Une invitation à méditer sur notre état d’attente avec le journal de bord tenu par un personnage féminin, qui consigne méthodiquement le vertige d’une presque-vie.

La Marche des machines de Eugène Deslaw, Russie/France, 1928, 9’
Erika de Justine Emard, France, 2016, 4’02
Rêvent-elles de robots astronautes de Sara del Pino, France, 2017, 25’
Landscape of Energy, stillness de Yuan Goang-Ming, Taïwan, 2014, 7’30
Cold Valley de Johannes Krell et Florian Fischer, Allemagne, 2016, 12’
Urth de Ben Rivers, Royaume-Uni, 2016, 19’

 

Infos pratiques

Cinéma des Cinéastes, 7, avenue de Clichy – 75017 Paris

Séance : 9,50 € – plein tarif - 7,50 € – tarif réduit
Exposition au BAL En Suspens + séance :
11,50 €, billet groupé à acheter préalablement au BAL

(programme sous réserve de modification)

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