Poussières d'images

Cycle cinéma autour de DUST - Histoires de poussière d'après Man Ray et Marcel Duchamp
Du 10 novembre 2015 au 12 janvier 2016

Murmur

Kirk Palmer, 2006

Les trois séances concoctées par Light Cone* à partir de films expérimentaux issus de sa collection et de films d’artistes mettent en évidence trois lectures possibles de l’oeuvre marquante de Marcel Duchamp et Man Ray : l’étrangeté des formes à la frontière du lisible, le point de vue qui oriente la représentation vers le minéral, les forces telluriques de la nature qui remettent en jeu l’ordre établi.

Minéralités / Mardi 10 novembre 2015 à 20h15

« La réflexion s’émerveille à juste titre de constater que la nature, qui ne peut ni dessiner ni peindre la ressemblance d’aucun objet, donne parfois l’illusion d’y être parvenue, alors que l’art, qui toujours s’y est essayé sans succès, renonce à cette vocation traditionnelle et comme inévitable, comme naturelle pour lui, au profit précisément de la création de formes muettes, spontanées et sans modèle, comme celles dont la nature foisonne ». Roger Caillois (L’Écriture des pierres, Skira, Genève, 1970). L’étude du monde minéral et de sa diversité est à l’oeuvre chez nombre d’artistes. Jean Painlevé et Thorsten Fleisch dévoilent la splendeur cachée des cristaux, Helene Garberg nous emmène dans les antres de la terre au Mexique, tandis que Nathaniel Dorsky révèle les merveilles cachées du désert dans Alaya, fruit de onze années de tournage.

Cristaux liquides de Jean Painlevé 1978, 16 mm, coul., son, 7’
Scene 32 de Shambhavi Kaul 2009, vidéo, coul., son, 5’
Arrastre de Nicholas Brooks 2010, vidéo, coul., son, 7’55
Interim de Helene Garberg 2013, vidéo, coul., son, 12’50
Kosmos de Thorsten Fleisch 2004, 16 mm, coul., son, 5’11
Alaya de Nathaniel Dorsky 1976-1987, 16 mm, coul., sil, 28

Figures de l'informe / Mardi 1er décembre 2015 à 20h15 

« L’informe qualifierait donc un certain pouvoir qu’ont les formes elles-mêmes de se déformer toujours, de passer subitement du semblable au dissemblable », Georges Didi-Huberman (La Ressemblance informe ou le Gai Savoir visuel selon Georges Bataille, Macula, Paris, 1995).
Le jeu entre ce qui prend forme et ce qui n’a pas de forme, ce qui obéit à un classement et ce qui s’en extrait, ce qui relève de l’identifiable et s’en éloigne, est au coeur des films réunis dans cette séance. Que l’on songe à la voie naturaliste empruntée par Robert Schaller reproduisant la vision d’une abeille avec une caméra sténopée, à celle, organique, sous la caméra de Miles McKane où mousses et végétaux se transforment en forêts miniatures, ou bien à celle, purement scopique, construite par Rose Lowder.

Track Moss Bypass de Miles McKane 1987, vidéo, coul., sil, 7’
Murmur de Kirk Palmer 2006, vidéo, n&b, son, 7’
Niagara de Tania Mouraud 2009, vidéo, coul., son, 8’24
24/7 (Into The Direction Of Light) de m.ash 2008, vidéo, coul., sil, 8’43
Sans Titre de Taysir Batniji 2002, vidéo, coul., sil, 1’56
Eye Eclipse de João Maria Gusmão et Pedro Paiva 2007, 16mm, coul., sil, 2’40
My Life As A Bee de Robert Schaller 2002, 16 mm, coul., sil, 6’
Microform de Emilie Serri 2010, 16 mm, coul., son, 6’
Couleurs mécaniques de Rose Lowder 1979, 16 mm, coul., sil, 16’

Forces télluriques / Mardi 12 janvier 2016 à 20h15

« De mon site, vous pouvez voir sur les montagnes les lignes marquant les niveaux où l’eau de l’ancien lac venait frapper la roche lors de son assèchement. Les mirages sont extraordinaires ; vous pouvez voir toutes les montagnes planer au dessus de la terre, se reflétant à l’envers sur la chaleur. La sensation d’intemporalité est écrasante. Après avoir campé quelque temps seule dans le désert, j’ai eu le fort sentiment que j’étais unie à travers les milliers d’années avec les peuples qui ont vécu dans les grottes aux alentours pendant longtemps. » Nancy Holt. Du site géologique Racetrack Playa, près de la Vallée de la Mort (Adrien Missika), au volcan Stromboli (Laurent Grasso), en passant par le Grand Lac Salé de l’Utah (Nancy Holt), les films ici réunis explorent les dynamiques profondes de la nature et montrent eux aussi que rien ne permet à l’homme de s’affranchir de l’environnement dans lequel il vit.

Enlighten de Christoph Girardet 2000, vidéo, coul., son, 5’10
Li: The Patterns of Nature de John Nathan Campbell 2007, vidéo, coul., son, 9’07
Luukkaankangas — Updated, Revisited de Dariusz Krzeczek 2004, vidéo, coul, son, 8’
Soleil noir de Laurent Grasso 2014, vidéo, coul., son, 11’40
Sailing Stones d’Adrien Missika 2011, vidéo, coul., son, 11’04
Sun Tunnels de Nancy Holt 1978, 16 mm, coul., son, 26’

Infos pratiques

Les séances ont lieu au Cinéma des Cinéastes
7, avenue de Clichy - 75017 Paris

Séance : 9,50 euros plein tarif
7,50 euros tarif réduit
séance + exposition au BAL : 11 euros

* Créée en 1982, Light Cone est une coopérative de cinéastes dont le but est la distribution, la connaissance et la sauvegarde du cinéma expérimental. Son action concerne aussi bien les formes qu’a connues ce cinéma à travers l’histoire que les recherches les plus contemporaines. Light Cone distribue aujourd’hui près de 4 000 films et vidéos de plus de 600 artistes, aussi bien en France qu’à l’étranger.

Partager

En lien

Dust – Histoires de poussière d'après Man Ray et Marcel Duchamp

Une proposition de David Campany

Du 16 octobre 2015 au 31 janvier 2016

Rencontre avec John Divola et David Campany

Annulée

Samedi 14 novembre 2015 à 12h

Round #2

Table ronde organisée par l'EHESS et LE BAL

Jeudi 21 Janvier à 20H30

Histoires de poussière au cinéma

Rencontre et projections avec Vincent Gérard

Jeudi 7 janvier 2016 à 20h

Concept du rien

Rencontre avec Bernard Marcadé

Jeudi 10 décembre 2015 à 20h

Aller plus loin