Topographies de la guerre

Du 17 septembre au 18 décembre 2011
  • Jananne Al-Ani, Shadow Sites II, 2011

  • Nicholas Calcott

  • Nicholas Calcott

Comment imaginer qu'autre chose que la bataille puisse représenter la guerre? -Jean-Yves Jouannais

Comment dire la guerre ? Comment montrer la guerre ? Poser ces questions au moment où LE BAL a un an d’existence, n’est pas fortuit. Notre civilisation contemporaine est guerrière et notre civilisation contemporaine de l’image est traversée d’images de guerre.

Questionner les formes de représentation, c’est aussi interroger le discours de l’image de guerre et les conditions dans lesquelles ce discours s’élabore, se construit, se propage.

L’exposition Topographies de la guerre propose d’envisager le territoire (territoires géographiques, territoires mentaux ) comme table de dissection des mécanismes de guerre. Des mécanismes complexes, contradictoires, paradoxaux. Pour les mettre à nu, nous avons retenu des approches visuelles «froides» qui, loin des représentations stéréotypées, évitent les paroxysmes où tout se ressemble.

L’homme est absent de ces images et pourtant, partout, il est là.

Un monde en guerre, déserté à la fois par les combattants et les victimes, mais, indéniablement, habité. Dans le catalogue qui accompagne l’exposition, Jean-Yves Jouannais replace les travaux présentés dans une perspective historique et leur offre ainsi un éclairage inédit. La belle programmation La géographie ça sert, d’abord, à faire la guerre (14 séances) de Kantuta Quirós et Aliocha Imhoff (Le Peuple qui manque) propose, tous les samedis matins au Cinéma des Cinéastes, la découverte de films documentaires expérimentaux, rares ou inédits en France. De nombreuses Rencontres au BAL de septembre à décembre ainsi qu’un séminaire autour des Images manquantes à l’EHESS fin octobre, modéré par Dork Zabunyan, prolongent la réflexion engagée au sein de l’exposition.

-Diane Dufour

 

Comment imaginer qu’autre chose que la bataille puisse représenter la guerre ?

Les œuvres photographiques ou vidéo réunies dans cette exposition laissent délibérément hors cadre l’affrontement, le corps, la chute, la blessure, la mort. Toutes réalisées depuis 2000, elles ont en commun une ambition documentaire déclarée, manifeste : le parti pris d’une totale désincarnation de la guerre et, de ce fait, une focalisation sur les sites, les positions, les espaces géologiques ou construits.

Des essais topographiques, en quelque sorte, qui, loin de renier le coût humain des combats, privilégient une lecture de la guerre par sa géographie.

Ces options iconographiques coïncident, dans le domaine stratégique, avec l’usage de techniques de simulation, la propagation d’armes agissant à très longue distance, mais également avec la censure médiatique exercée par les états-majors, et la quasi-impossibilité pour les photographes et vidéastes d’opérer librement sur le terrain.

Le territoire de la guerre est-il en train de devenir une donnée abstraite, une construction idéologique, une donnée irreprésentable ?

-Jean-Yves Jouannais

Les artistes exposés

Paola de Pietri
Jananne Al-Ani
Jo Ractliffe
An-My Lê
Harun Farocki
Donovan Wylie
Till Roeskens
Eyal Weizman et Luc Delahaye
Walid Raad
ainsi que les documents Collateral murder, publiés par Wikileaks

 

Un livre co-éditité par Steidl / LE BAL accompagne l'exposition avec les oeuvres de: An-My Lê, Paola De Pietri, Harun Farocki, Jananne Al-Ani, Till Roeskens, Walid Raad, Eyal Weizman et Luc Delahaye.

In the Press

« Loin de la tradition du photojournalisme, ce passionnant ensemble d’œuvres photographiques et vidéo, réunies par les deux commissaires Diane Dufour et Jean Yves jouannais, prend le parti du documentaire engagé. »
« Le BAL, à Paris, préfère garder l'émotion et l'action à distance. Dans une exposition stimulante qui rassemble photos et vidéos, intitulée "Topographies de la guerre", le spectateur ne croisera âme qui vive : ni combattant ni victime. C'est par le biais du territoire, modifié et meurtri à long terme, que la guerre se donne à lire. »
« What’s far more important in this matte ris to smash any impulse to romanticize and instead get back to basics, to give the viewer an image that declares, in the most severe Barthesian terms, « That was how it was, and it wasn’t a joke” and lying as little as possible. »

Co-commissaires : Jean-Yves Jouannais et Diane Dufour

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