Vertiges

Cycle cinéma autour de Mark Lewis
Du 10 mars au 7 avril 2015

Adrian Paci, Centro di Permanenza Temporanea, 2007, courtesy: l’artiste et Kaufmann Repetto, Milano/New York

À l’occasion de l’exposition Mark Lewis - Above and Below, Light Cone* propose une programmation de films expérimentaux et de films d’artistes issus de son catalogue et de diverses collections. 

A partir de trois axes, les séances s’appuient sur ce que Mark Lewis cherche à mettre en tension dans ses œuvres : un intérêt pour les inventions formelles du cinéma, - celui des pionniers comme celui de l’avant-garde ou d’Hollywood -, le refus de l’illusion narrative et temporelle du cinéma et une fascination pour les aspects purement visuels du film qui se jouent de notre perception.

VERTIGE / Mardi 10 mars 2015 à 20h15

 

« Vertigineux » pourrait être l’un des qualificatifs les plus appropriés pour décrire certaines œuvres de Mark Lewis. Un attribut qui convient également au film Powers of Ten du couple de designers Eames, dans lequel un zoom spectaculaire nous fait voyager du microcosme au macrocosme. Altitude angoissante que l’on ressent depuis le 54e étage d'une tour vitrée dans TD Centre, 54th Floor (Mark Lewis), depuis un drone qui vole au-dessus des paysages désertiques de la frontière mexicaine dans As the Coyote Flies (Adrian Missika) ou depuis les ailes d’un moulin auxquelles s’attache l’artiste Erik Wesselo lors d’une périlleuse performance. On retrouve cette sensation de tournis dans les spirales hypnotiques d’Anemic Cinema de Marcel Duchamp et dans Wheels de Gusmão et Paiva. Cette perte des repères sensoriels est au cœur de l’œuvre de Ken Jacobs, qui détourne un film de voyage du début du siècle en un kaléidoscope visuel halluciné et hallucinant. Un bel hommage au Vertigo d’Alfred Hitchcock…

TD Centre, 54th Floor de Mark Lewis, 2009, vidéo, couleur, sil, 6’18
As The Coyote Flies d’Adrien Missika, 2014, vidéo, couleur, son, 14’
Wheels de João Maria Gusmão et Pedro Paiva, 2011, vidéo, couleur, sil, 2’33
Powers of Ten de Charles et Ray Eames, 1977, vidéo, couleur, son, 9’
Travelling Fields de Inger Lise Hansen, 2009, 35 mm, couleur, son, 9’
Anemic Cinema de Marcel Duchamp, 1925-1926, 16 mm, n&b, sil, 8’25
Düffels Möll de Erik Wesselo, 1997, 16 mm, couleur, sil, 5’
The Georgetown Loop de Ken Jacobs, 1997, 16 mm, n&b, sil, 11’

CINÉMATIQUE / Mardi 24 mars 2015 à 20h15

 

Les films de Mark Lewis se caractérisent par une forte plasticité, et notamment par une attention aiguë portée à la composition du cadre. Ces tableaux filmiques se mettent en mouvement par le truchement de la caméra qui demeure fixe sur un support mobile ou au contraire devient virevoltante et aérienne à l’aide du Steadicam ou de la grue.

La passion de Lewis pour le cinéma primitif entre en écho avec Opening the Nineteenth Century : 1896 de Ken Jacobs, composé d’un montage de différentes vues stéréoscopiques réalisées par les opérateurs des frères Lumières, dont Alexandre Promio, considéré comme l’un des inventeurs du panoramique et du travelling. Ce dernier mouvement de caméra, élément fondamental de la grammaire cinématographique, est au cœur du film de la société Biograph Company : un travelling épileptique tourné depuis un wagon de métro new-yorkais. Dans Railroad Turnbridge, Richard Serra obtient un panoramique envoûtant : la caméra fixée sur un pont tournant crée une étrange sensation de désorientation visuelle. Dans le film de Peter Rose, la perte de repères survient quand la caméra explore les couloirs fantomatiques d’un bâtiment déserté.

Rush Hour, Morning and Evening, Cheapside de Mark Lewis, 2005, vidéo, couleur, sil, 4’15
Interior Ny Subway, 14th St To 42nd Street de d’American Mutoscope and Biograph Company, 1905, 16 mm, n&b, sil, 6’
Windmill 2 de Chris Welsby, 1972, 16 mm, couleur, sil, 8’
Analogies de Peter Rose, 1977, 16 mm, couleur, son, 14’
Opening the Nineteenth Century: 1896 de Ken Jacobs, 1990, 16 mm, n&b, sil, 9’
Railroad Turnbridge de Richard Serra, 1975-1976, 16 mm, n&b, sil, 17’

DÉTAILS / Mardi 7 avril 2015 à 20h15

 

Dans le travail de Mark Lewis, la ville contemporaine devient le lieu d’interactions entre l’espace privé réduit à une portion congrue et l’espace public gangrené par les enjeux économiques actuels. Par une démarche attentive aux détails révélateurs d'un certain état de la société, Gerard Holthuis et Guy Sherwin dressent un énigmatique portrait de deux grandes métropoles : Hong Kong et San Francisco. S’intéressant à la pression du développement urbain sur l’humain, Jordi Colomer nous livre, non sans humour, une vision aérienne de l’extension de la ville de Mexico obtenue par la construction frénétique d’unités d’habitations, les « maisons GEO ». Chez Francis Alÿs, arpenter l'une des métropoles les plus dangereuses au monde devient une métaphore de la condition humaine, qui fait écho aux préoccupations d’Adrian Paci.

The Tincanman de Jaap Pieters, 1991, 35 mm, couleur, sil, 3’20
Hong Kong de Gerard Holthuis, 1999, 35 mm, couleur, son, 13’
North Circular de Mark Lewis, 2000, vidéo, couleur, sil, 3’46
Avenida Ixtapaluca de Jordi Colomer, 2009, vidéo, couleur, son, 6’
Sometimes Making de Francis Alÿs, 1999, vidéo, couleur, son, 5’
Centro di permanenza temporanea d’Adrian Paci, 2007, vidéo, couleur, son, 4’34
MSR de Wim Catrysse, 2012, vidéo, couleur, son, 14’58
Under the Freeway de Guy Sherwin, 1995, 16 mm, couleur, son, 16'

 

Infos pratiques

Les séances ont lieu au Cinéma des Cinéastes
7, avenue de Clichy - 75017 Paris

Séance : 9 euros plein tarif
7 euros tarif réduit
séance + exposition au BAL : 11 euros

* Créée en 1982, Light Cone est une coopérative de cinéastes dont le but est la distribution, la connaissance et la sauvegarde du cinéma expérimental. Son action concerne aussi bien les formes qu’a connues ce cinéma à travers l’histoire que les recherches les plus contemporaines. Light Cone distribue aujourd’hui près de 4 000 films et vidéos de plus de 600 artistes, aussi bien en France qu’à l’étranger.

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