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CHRIS KILLIP WHAT HAPPENED GREAT-BRITAIN 1970-1990

Du 12 mai au 19 août 2012

© Chris Killip, Le mur du grand amour, centre-ville de Gateshead, Tyneside, 1975

LE BAL inaugure une saison britannique avec deux expositions consacrées à trois grandes figures de la photographie et du cinéma britanniques: Chris Killip et John Smith au printemps, Paul Graham à l’automne.

Photographe majeur de la scène britannique, Chris Killip, dès le début des années soixante-dix, a ouvert à la photographie documentaire de nouvelles perspectives, dont l’influence demeure aujourd’hui perceptible dans le travail de photographes contemporains tels que Martin Parr, Tom Wood ou Paul Graham.

 

Né à Douglas, sur l’île de Man en 1946, Chris Killip commence la photographie à dix-sept ans et devient l’assistant à Londres d’un célèbre photographe publicitaire. Inspiré par le travail des Américains Paul Strand et Walker Evans, et des Européens Bill Brandt, August Sander et Robert Frank, il revient en 1969 sur l’île de Man, dont le nouveau statut de paradis fiscal bouleverse la culture et les modes de vie ancestraux.

Il capture alors les visages, les paysages, pleins d’âpreté et de grâce, à l’image d’un monde apparemment immuable, sur le point de basculer.

 

Membre fondateur de la Side Gallery à Newcastle upon Tyne en 1976, Chris Killip va s’immerger pendant vingt ans dans des communautés du nord de l’Angleterre : Huddersfield, Lynemouth, Skinningrove.

Faisant corps avec cette région, ses paysages, sa topographie, ses habitants, il devient le chroniqueur de la désindustrialisation et de la confrontation, souvent très brutale, d’une classe ouvrière britannique avec une politique économique hostile.

 

Avec obstination, Chris Killip se jette dans son temps, un temps instable, chaotique.

« Un temps détraqué, celui des ruptures de la modernité. Un temps qui ne se contente plus de passer mais dont la nature même change. Le temps de Chris Killip sera l’Histoire telle qu’elle est vécue de l’intérieur, et non telle qu’elle est écrite. Celle des oubliés, des laissés pour compte de la modernité. » (David Campany)

 

JOHN SMITH
THE GIRL CHEWING GUM (1976)

 

En parallèle, LE BAL a souhaité présenté le travail de John Smith, l'une des grandes figures du cinéma expérimental britannique.

 

En 1976, il réalise un court-métrage intitulé The Girl Chewing Gum dans lequel une voix autoritaire semble diriger l’action d’une rue très animée de Londres.

Il devient bientôt clair que les gestes des passants ne répondent pas à la voix mais que c’est l’inverse. Les mots ne prédisent pas les événements, mais les confirment. Avec des moyens mininaux, un « ready-made filmique », le cinéaste prend le contrôle de l’univers. En prêtant l’oreille au bruit de fond du quotidien, il en révèle la dimension extra-ordinaire.

 

Comme le dira Diane Arbus, « Si vous observez la réalité d'assez près, si d'une façon ou d'une autre vous la découvrez vraiment, la réalité devient fantastique. »

 

Exposition présentée en collaboration avec le Museum Folkwang (Essen – Allemagne).