La jeunesse iranienne : principale protagoniste de la Révolution de 1979

Table ronde
Jeudi 31 janvier 2019 - 11h/13h

LE BAL accueille pour une matinée le séminaire « Revisiter la Révolution iranienne de 1979 » dirigé par Marie Ladier-Fouladi à l’EHESS à l’occasion de l’exposition « Hannah Darabi, rue Enghelab, la révolution par les livres, Iran 1979-1983 ». Cette seconde séance consacrée au rôle joué par la jeunesse iranienne dans la révolution culturelle de 1979 sera l’occasion d’établir des prolongements avec l’exposition en cours.

La population iranienne est restée pendant longtemps particulièrement très jeune. Cependant, cette jeunesse « biologique » n’a pas trouvé de représentation sociale avant la fin des années 1960. L’émergence de la catégorie « jeune », exprimait la nouvelle forme d’individuation qui s’étendait à de larges couches sociales en milieu urbain iranien. Les jeunes, conscients de leurs caractéristiques communes, ont commencé à se penser comme un groupe à part et ont tenté alors d’affirmer, peu à peu, leurs différences par rapports aux générations anciennes. Ils se sont surtout opposés à l'ordre patriarcal de la famille fondé sur l'hégémonie hiérarchique de l'âge et du sexe. En même temps, ils ont cherché à se forger une identité sociale et à inventer les cadres sociaux qu’ils leurs soient propres (les bandes, les rassemblements, les clubs et associations). Mais le verrouillage politique de l'espace social ne laissait aucune issue à la jeunesse pour gagner autonomie et épanouissement, et les contraignit à vivre sous l’emprise de leur famille.  Un sentiment de frustration, de colère, voire de révolte, se développa dans la jeunesse iranienne, principalement issue des couches moyennes urbaines, qui s’est progressivement transformé en une opposition au système et une revendication de liberté politique. Dans les grandes villes, les manifestations éparses contre le régime, auxquelles se joignaient d’autres catégories sociales, ont, par un effet de cristallisation, conduit aux journées révolutionnaires et au renversement de la monarchie en février 1979. 

Avec 

Marie Ladier-Fouladi est socio-démographe, directrice de recherche au CNRS - EHESS. Ses recherches actuelles portent sur la politique populationniste de la République islamique d’Iran. Elle a publié notamment Iran : un monde de paradoxes (Atalante, 2009), « Iran, reportage intellectuel 1978-2014 », Vacarme 68, 2014, et « La sécularisation en Iran sous la République islamique », Raison publique, 2015.

Chowra Makaremi est anthropologue et chercheuse au CNRS, associé à l’Institut de recherche interdisciplinaire sur les enjeux sociaux – IRIS. Ses travaux portent sur l’anthropologie de l’Etat, les formes juridiques et ordinaires de la violence et l’expérience qu’en font les sujets, notamment en situation d’exil.

Infos pratiques

Table ronde organisée dans le cadre du séminaire « Revisiter la Révolution iranienne de 1979 » de Marie Ladier-Fouladi de l’École des hautes études en sciences sociales

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Rue Enghelab, la révolution par les livres, Iran 1979-1983

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Lundi 11 février 2019 - de 10h à 18h

HANNAH DARABI

RUE ENGHELAB, LA RÉVOLUTION PAR LES LIVRES. IRAN 1979/1983

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