Ils pensent déjà que je suis folle / Kourtney Roy

Carte blanche LE BAL PMU 2013
Du 30 avril au 11 mai 2014
  • Ils pensent déjà que je suis folle, 2014

    Kourtney Roy

  • Pascal Martinez

  • Ils pensent déjà que je suis folle, 2014

    Kourtney Roy

  • Pascal Martinez

  • Ils pensent déjà que je suis folle, 2014

    Kourtney Roy

  • Pascal Martinez

  • lls pensent déjà que je suis folle, 2014 

    Kourtney Roy

  • Pascal Martinez

  • Ils pensent déjà que je suis folle, 2014

    Kourtney Roy

  • Pascal Martinez

Il y a dans le regard de Kourtney Roy un humour glacé où l’ordinaire et le grotesque se mêlent à parts égales sans qu’on puisse discerner qui des deux mène la danse. Une danse troublante tant elle nous emporte dans un univers a priori narcissique qui tend pourtant vers l’anonyme.

« Avec la Carte blanche, le PMU et LE BAL donnent à de jeunes artistes la possibilité d’apporter un regard nouveau et libre sur un univers qui leur était a priori étranger. Après Malik Nejmi, Mohamed Bourouissa et Olivier Cablat, ce pari est une nouvelle fois gagné avec Kourtney Roy.»
Benoît Cornu, directeur de la communication du PMU

« Née en 1981 - d’un père bûcheron et d’une mère secrétaire, Kourtney Roy a grandi dans la démesure et la solitude des immensités enneigées du Canada. Des paysages sublimes mais menaçants où, enfant, il est facile de se perdre. Après des études aux Beaux-Arts de Vancouver où elle se rêve peintre, elle découvre la photographie qui « par son potentiel fantastique, suggérait une réalité plus trouble, derrière la façade lisse des apparences. » Touchée par le génie morbide de Joël-Peter Witkin, ses premières séries représentent des animaux sauvages trouvés morts dans la nature ou empaillés par l’homme.

Son apprentissage de la photographie de mode, sur les traces d’un Guy Bourdin et de ses mises en scène obsessionnelles et fantasmagoriques, lui ouvre un champ illimité. Autoportrait, autofiction, Kourtney Roy devient le personnage unique d’un théâtre intérieur et de ses sortilèges. Son corps, artificiellement placé dans un décor naturel, se prêtera à toutes les énigmes, à mille et une vies travesties, falsifiées.

« Je est un autre », tous les autres. Laura Palmer déclinée à l’infini.

Pour cette immersion dans l’univers du PMU, Kourtney Roy s’est imprégnée des mots de Charles Bukowski et de son obsession des champs de courses. Se détournant du spectacle où se concentre toute l’attention, elle infiltre plutôt les coulisses. Leur décor sans qualité est plus propice à l’improbable. Son corps s’incruste ainsi dans un univers où chaque chose peut être autre chose et n’importe qui quelqu’un d’autre. Où les objets, plantes vertes, accoudoirs, jumelles.... ont pris le pouvoir. Ils dominent la scène, tour à tour menaçants, envahissants, trop brillants ou trop muets.

Dans ses photographies, Kourtney Roy semble présente au monde mais absente à elle-même. Le pourquoi de ces postures incongrues, de ces regards vides est ailleurs, hors champs, nous laissant aux prises avec une violence silencieuse et cachée. Car ce corps-objet semble le plus souvent éteint, débranché, englouti, avalé. Impeccablement sculpté, il tend pourtant vers le camouflage, la soustraction, le retranchement, orchestrant scrupuleusement sa propre disparition.

Quand on demande à Kourtney Roy si ces personnages lui ressemblent, elle répond :

« ils sont devenus « moi » et moi je suis devenue « eux »

Diane Dufour 

 

Un ouvrage conçu par Whitepapierstudio et co-édité par LE BAL, PMU et Filigranes Éditions accompagne l’exposition.

La presse en parle

« Elle crée des univers splendides et glacés, qu’elle décline aussi dans ses travaux personnels : elle s’y met en scène dans une esthétique ultra-léchée, entre burlesque et fantasmagorie »
« Le fait est que choisir Kourtney Roy pour cette carte blanche est un pari gagné ! »

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