(dé)constructions

Cycle cinéma autour de l'exposition Ponte City
Du 28 janvier au 15 avril 2014

Maki Sataké, Vestige of life, 2009

Le cinéma et les artistes contemporains ont souvent exploré les réalités à la fois fascinantes et effrayantes des utopies modernistes architecturales. Le collectif Light Cone* propose trois séances composées de films rares ou expérimentaux en écho à l’exposition du BAL.

Grands Ensembles / Mardi 28 janvier 2014 à 20h15

Englouti par la densité du brouillard, le paysage urbain de Suburbs of the Void de Thomas Köner, parfaitement rendu par le regard glacial d'une caméra de surveillance, témoigne d'une présence humaine quasiment inexistante. Le long travelling de Mark Lewis, dans les dédales des passerelles et autres chemins bétonnés de ces ensembles, relate la froideur de ces espaces. Avec Block B, Chris Chong Chan Fui laisse entrevoir des tranches de vie. La notion d'identité communautaire se retrouve également dans Safeguard Emergency Light System de Bertille Bak, où des habitants d'une barre moderniste promise à la démolition manifestent en interprétant un chant révolutionnaire muet, émis par les lumières de lampes de poche. Marc Isaacs, dans Lift, met à jour les liens qui se tissent entre les habitants de ces grands ensembles.

Suburbs of the void de Thomas Köner, 2004, vidéo, coul, son, 13’
Children's Games, Heygate Estate de Mark Lewis, 2002, vidéo, coul, sil, 7’5
Block B de Chris Chong Chan Fui, 2008, 35 mm, coul, son, 20’
Lift de Mark Isaacs, 2001, vidéo, coul, son, 22’
Safeguard Emergency Light System de Bertille Bak, 2010, vidéo, coul, son, 7’

 

Utopies / Dystopies / Mardi 4 mars 2014 à 20h15

De Le Corbusier à Oscar Niemeyer, les grands architectes ont souvent aspiré à construire la Cité idéale où l'homme pourrait s'épanouir et vivre en harmonie avec son prochain. Idées chimériques ou projets qui tiennent réellement compte des réalités sociales ? Brasilia, « l'ultime utopie du XXe siècle » (Umberto Eco), est représentée dans Vacancy de Matthias Müller comme un endroit abandonné de ses habitants, un musée qui ne survit que grâce à ses seuls gardiens. Les films de Vivian Ostrovsky et d’Adrien Missika abordent également les œuvres architecturales de Niemeyer, tandis que Quadro de Lotte Schreiber montre un complexe monumental construit dans les années soixante dans la ville portuaire de Trieste. Les films d’Iñigo Manglano-Ovalle, Always After (The Glass House), et le projet d’Yves Klein pour sa maison au toit d'air, représentent des exemples modernistes « manqués ».

Vacancy de Matthias Müller, 1998, 16 mm, coul, son, 13’
P.W. - Pinceis e Paineis de Vivian Ostrovsky, 2008, vidéo, coul, n&b, son, 16’
Quadro de Lotte Schreiber, 2002, vidéo, coul, son, 10’
Essai de toit d'air - 14, rue Campagne Première d'Yves Klein, Paris, France, 1961, vidéo, n&b, sil 2’16
Always After (The Glass House) d'Iñigo Manglano-Ovalle, 2006, video, coul, son, 9’5
Dome d'Adrien Missika, 2011, vidéo, coul, son, 9’

 

Mémoire(s) / Mardi 15 avril 2014 à 20h15

La mémoire d'un lieu se construit aussi au travers des traces que ses habitants y ont laissées. Dans Ghosts and Gravel Roads, Mike Rollo filme un village abandonné au Canada en établissant un lien entre ces bâtiments désertés et les photos placardées des anciens occupants. À travers un lancinant voyage dans le temps, Maki Satake juxtapose des éléments du passé à ceux du présent. Vestige of Life dresse ainsi un bouleversant portrait de sa grand-mère à l’aide de vieilles bandes vidéo. Figure majeure du cinéma structurel américain, au côté de Michael Snow (qui lit le texte dans le film), Hollis Frampton livre dans Nostalgia une parabole finale de la fragilité de la mémoire et de la nostalgie qui lui est liée.

Ghosts and Gravel Roads de Mike Rollo, 2008, vidéo, coul, son, 16’
Vestige of life de Maki Satake, 2009, vidéo, coul, son, 12’
Nostalgia (Hapax Legonema I) de Hollis Frampton, 1971, 16 mm, n&b, son, 36’

Infos pratiques

Les séances ont lieu au Cinéma des Cinéastes
7, avenue de Clichy - 75017 Paris

Séance : 9 euros plein tarif
7 euros tarif réduit
séance + exposition au BAL : 11 euros

* Créée en 1982, Light Cone est une coopérative de cinéastes dont le but est la distribution, la connaissance et la sauvegarde du cinéma expérimental. Son action concerne aussi bien les formes qu’a connues ce cinéma à travers l’histoire que les recherches les plus contemporaines. Light Cone distribue aujourd’hui près de 4 000 films et vidéos de plus de 600 artistes, aussi bien en France qu’à l’étranger.

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